D'où vient le vibe coding
Le terme s'est imposé côté anglophone vers 2025, quand des modèles ont commencé à tenir un projet entier, plus une fonction isolée. On « vibe » : on donne l'ambiance, le parcours, le ton, et l'on accepte un premier jet imparfait. En français, les gens cherchent encore « créer un site avec l'IA » plus souvent que « vibe coding ». Le geste est le même. Le mot sert surtout à séparer cette pratique du no-code à blocs, et du développement écrit à la main ligne à ligne.
Ce que le vibe coding permet déjà
Une première version en quelques minutes. Des textes, pas des champs vides. Un dépôt que l'on peut ouvrir. Une publication sur une adresse. Pour un site vitrine, une landing, un outil interne mince, c'est souvent suffisant pour décider. Un indépendant à Bordeaux peut envoyer l'URL le soir. Une équipe peut poser un parcours sous les yeux d'un métier avant d'écrire le cahier. Ce n'est plus une maquette figée. Ce n'est pas encore, à tous les coups, le système qui tiendra trois ans.
Le premier jet
Le premier jet est là pour être refusé. Lisez-le comme un inconnu. Si le tarif est faux, dites-le tout de suite. Si une page n'existe pas dans votre métier, retirez-la. Le vibe coding devient cher quand on « améliore » un jet que personne n'a lu. Deux à cinq minutes pour obtenir les pages. Une heure pour les rendre vôtres. Ce décalage est le vrai rythme, pas la démo de trente secondes.
Le prompt, une spec courte
Un bon prompt nomme le métier, le lieu, les pages, le geste suivant, et une contrainte. « Un site pour une maroquinerie à Bordeaux, réparations, sur-mesure, prise de rendez-vous, pas de boutique expédiée ». Un mauvais prompt décrit une émotion (« moderne, premium, humain ») et laisse le modèle inventer des prestations. Le vibe coding n'a pas besoin d'un roman. Il a besoin d'interdits autant que de souhaits.
La boucle de correction
Une phrase, un diff. « Retire le velours, ajoute le délai à 10 jours, mets le 06 dans l'en-tête ». Si vous recommencez le projet à chaque fois, vous n'êtes plus en vibe coding, vous collectionnez des jets. Gardez ce qui est juste. Isolez ce que le modèle ne doit plus toucher : le schéma, les prix, les mentions. Eqlo accepte cette consigne en français. C'est plus utile qu'un nouveau prompt magique.
Le dépôt, ou ce n'est qu'une démo
Si vous ne pouvez pas sortir les fichiers, vous louez une impression. Le vibe coding tient quand le résultat est du React lisible, sur une branche que vous possédez. Un développeur peut alors entrer. Sans dépôt, vous dépendez de l'éditeur, des crédits, et d'une évolution que vous ne contrôlez pas. Eqlo synchronise vers GitHub. C'est le critère qui sépare un prototype jetable d'un projet que l'on peut remettre.
L'hallucination de code
Le modèle invente une API, un champ, une règle RGPD, un tarif « de marché ». Il a l'air sûr. La recette consiste à cliquer chaque chemin avec des données vraies, pas à relire le roman du chat. Une page Contact sans envoi, un paiement en mode test oublié, un rôle admin trop large : ce sont les cas fréquents. Le vibe coding n'élimine pas la recette. Il la rend plus urgente, parce que l'écran a l'air fini.
La recette, le moment où ça devient réel
En France, « recette » veut dire : est-ce que ça fait le travail promis, sur un cas réel. Pas une revue esthétique. Créez un rendez-vous. Refusez-en un. Changez un prix. Partez et revenez. Si un métier de Toulouse ne peut pas le faire sans vous, ce n'est pas livré. Le vibe coding accélère l'arrivée à cette minute. Il ne la remplace pas.
Le passage en production
Publier un sous-domaine de démo n'est pas produire. Produire, c'est un nom, un certificat, des données que vous ne voulez pas perdre, une sauvegarde, une personne qui sait restaurer. Le vibe coding arrive souvent jusqu'à la démo. Il s'arrête encore quand il faut un SSO, une file d'attente, une contrainte d'un métier réglementé. Vous pouvez rester dans Eqlo pour la boucle suivante, ou extraire. Les deux sont légitimes.
Vibe coding et no-code
Le no-code assemble des blocs dans un runtime que l'éditeur tient. Le vibe coding écrit des fichiers. Vous pouvez quitter. Le no-code gagne encore sur des sites très visuels, avec un intégrateur Webflow qui connaît déjà le CMS. Le vibe coding gagne quand vous voulez le dépôt, une app iOS et Android du même projet, ou une page que Google lit sans script. Ce n'est pas une guerre. C'est deux objets.
Là où le vibe coding s'arrête encore
Les règles rares, les performances sous charge, le code que personne n'ose jeter, les revues de sécurité d'un grand compte, les stores quand la fiche est bancale. Un modèle ne connaît pas votre convention de nommage. Il n'a pas vu l'incident de l'an dernier. En 2026, il tient un site vitrine, un MVP mince, un outil interne. Il tient moins une place de marché à trois côtés, ou un moteur de calcul que vous ne savez pas spécifier.
Le faire en français
Le vibe coding s'est d'abord montré en anglais. Les prompts français tiennent, à condition d'être concrets. « Tutoiement, phrases courtes, tutoiement interdit sur la page Tarifs, vouvoiement partout » évite un ton de start-up californienne. Les mentions, le SIRET, le prix TTC : dites-les. Un modèle laissé seul invente une page « About » et un bouton « Get started ». Ce n'est pas une fatalité. C'est un prompt trop court.